Les résultats de Nokia pour le troisième trimestre 2026 montrent comment la demande en intelligence artificielle et en services cloud peut profiter aux fournisseurs de réseaux qui relient les infrastructures informatiques. Dans ses résultats publiés le 22 octobre 2026, l’entreprise a fait état d’une hausse des ventes comparables et du bénéfice opérationnel comparable, ainsi que d’une forte progression des ventes et des nouvelles commandes de clients du secteur de l’IA et du cloud. Les résultats comportent toutefois une réserve importante : le bénéfice opérationnel publié a reculé, alors que le bénéfice opérationnel comparable a augmenté.
Ce qui s’est passé
Au troisième trimestre 2026, Nokia a enregistré un bénéfice opérationnel comparable de 605 millions d’euros, contre 448 millions d’euros à la même période un an plus tôt, soit une hausse de 35 %. Les ventes nettes comparables ont atteint 5 154 millions d’euros, en progression de 10 % en données publiées et de 9 % à taux de change et périmètre constants. Ces deux mesures de croissance sont distinctes : la seconde neutralise les variations des taux de change et les changements de périmètre. Le communiqué de résultats de Nokia pour le troisième trimestre 2026 détaille les chiffres et les définitions retenus par l’entreprise.
Nokia a indiqué que ses ventes aux clients du secteur de l’IA et du cloud avaient augmenté de 123 % sur un an. Les nouvelles commandes de ces clients ont atteint 1,5 milliard d’euros, en hausse de 118 %. Il importe de distinguer ces deux indicateurs. Les ventes correspondent à l’activité comptabilisée au cours de la période. Les commandes représentent des engagements de clients susceptibles de soutenir les ventes futures, au fur et à mesure des livraisons et sous réserve du respect des conditions de comptabilisation du chiffre d’affaires. Les 1,5 milliard d’euros de commandes ne doivent donc pas être considérés comme du chiffre d’affaires supplémentaire au troisième trimestre.
Ces chiffres concernent une catégorie précise de clients de Nokia, et non les résultats de tous ses produits ou groupes de clients. Leur progression rapide témoigne d’une demande croissante dans cette catégorie, mais ne signifie pas que l’ensemble des activités de Nokia évolue au même rythme.
Contexte financier
L’analyse des résultats diffère sensiblement selon la mesure du bénéfice retenue. Le bénéfice opérationnel comparable a progressé à 605 millions d’euros, tandis que le bénéfice opérationnel publié s’est établi à 196 millions d’euros, contre 252 millions d’euros un an plus tôt, soit un recul de 22 %. Dans son communiqué, Nokia cite notamment les ajustements liés à la restructuration et à l’intégration parmi les facteurs qui expliquent l’écart entre les résultats publiés et comparables. Présenter uniquement la hausse du bénéfice comparable ne donnerait donc pas une image complète du trimestre.
Les résultats comparables peuvent aider à évaluer les tendances opérationnelles en excluant certains éléments selon les ajustements définis. Les résultats publiés intègrent les effets de ces éléments dans le cadre de présentation de l’entreprise. Les deux mesures comptent : les restructurations et les intégrations peuvent mobiliser des ressources, même lorsque la direction exclut certaines charges de ses indicateurs comparables. Ces deux chiffres du bénéfice ne sont pas interchangeables.
Le contexte des infrastructures aide à comprendre le lien avec l’IA. Les réseaux optiques transmettent des données par la lumière dans des fibres et permettent des connexions à haut débit sur de longues distances. La connectivité IP achemine les données entre les réseaux et leurs destinations. L’interconnexion des centres de données relie des sites distincts afin que le trafic puisse circuler entre eux. Ces fonctions contribuent à la circulation de l’information dans les systèmes de cloud et d’IA. Elles sont distinctes de la fabrication des processeurs qui effectuent les calculs et du développement des modèles eux-mêmes.
L’analyse suggère que les investissements liés à l’IA peuvent profiter aux fournisseurs établis d’équipements de télécommunications, ainsi qu’aux fabricants de puces et aux développeurs de modèles. La croissance annoncée par Nokia dans cette catégorie de clients étaye cette interprétation pour le trimestre. Elle ne montre pas que Nokia fournit toutes les catégories d’infrastructures d’IA et ne permet pas de savoir combien de temps les niveaux de dépenses actuels se maintiendront.
Qui est concerné
Pour les actionnaires et les autres lecteurs qui évaluent les performances financières de Nokia, la question centrale est le lien entre la demande, les ventes comptabilisées et la rentabilité. Un volume élevé de nouvelles commandes peut améliorer la visibilité sur l’activité future, mais leur valeur financière dépend des livraisons, de l’exécution des contrats, des coûts et des marges finalement dégagées. Le volume de nouvelles commandes est un indicateur à examiner, et non un substitut aux bénéfices futurs.
Les opérateurs cloud et les autres acheteurs d’infrastructures sont concernés par la capacité et la connectivité qu’ils achètent. Lorsqu’ils développent leurs installations informatiques, les connexions au sein du réseau élargi et entre différents sites peuvent jouer un rôle important dans la planification des déploiements. Cependant, les chiffres de ventes de Nokia à ses clients ne révèlent pas, à eux seuls, les intentions de dépenses de tous les acheteurs et ne garantissent pas que chaque projet suivra le calendrier initial.
Les salariés, les sous-traitants et les fournisseurs sont également concernés par la manière dont l’entreprise concilie les perspectives de croissance avec les restructurations et les intégrations. Une demande en hausse dans une catégorie de clients ne suffit pas, à elle seule, à déterminer les décisions d’embauche, d’approvisionnement ou d’exploitation dans l’ensemble du groupe. Retrouvez l’actualité économique et les informations sur les entreprises dans la rubrique Europe.
Les prochains éléments à surveiller
La première question porte sur la conversion des commandes. Les prochains résultats permettront de voir dans quelle mesure les 1,5 milliard d’euros de nouvelles commandes de clients de l’IA et du cloud se traduisent en chiffre d’affaires comptabilisé. Les calendriers de livraison, la préparation des clients et l’exécution des projets peuvent influer sur le calendrier. Le montant des commandes annoncé ne permet pas, à lui seul, de savoir quand l’ensemble de cette activité apparaîtra dans les ventes.
La deuxième question concerne la rentabilité. Il faudra suivre l’évolution des marges avec la croissance et observer si l’écart entre bénéfice opérationnel comparable et publié se réduit. Une hausse des ventes n’entraîne pas automatiquement une progression proportionnelle du bénéfice : la composition des ventes, les coûts de mise en œuvre et la concurrence sur les prix peuvent modifier le résultat.
La concurrence et les dépenses des clients constituent d’autres incertitudes. Les fournisseurs de réseaux doivent rivaliser pour décrocher des contrats, tandis que les acheteurs peuvent revoir leurs plans d’investissement ou modifier le calendrier de leurs déploiements. Il s’agit de risques pour les performances futures, et non d’affirmations selon lesquelles Nokia aurait déjà subi des annulations précises ou une détérioration des prix au cours du trimestre.
Les résultats publiés font état d’une forte croissance de l’activité de Nokia auprès des clients de l’IA et du cloud au troisième trimestre 2026. Plus largement, l’analyse est que les investissements dans l’IA atteignent aussi les réseaux qui relient les ressources informatiques. Il reste à déterminer si cette demande produira une croissance durable des ventes et une amélioration du bénéfice opérationnel publié ; les prochains résultats apporteront des éléments de réponse, sans que cette évolution soit garantie.
Note éditoriale et de transparence
- Édité et vérifié par: PayrollCalculator Editorial Team
- Dernière mise à jour:
- Sources officielles: nokia.com, reuters.com
Disclaimer: À titre informatif uniquement. Ceci ne constitue pas un conseil financier ou en investissement.